VIRUS & LES MINIMAS

Seule une petite partie des compétiteurs qui comptent jouer leur chance à Tokyo cet été, sont déjà qualifiés. Les autres, suent sang et eau, parfois jusqu’à la nausée en bout de ligne droite, pour se frayer un chemin dans l’allée centrale jusqu’à leur siège numéroté. Parmi eux, en voici un que personne ne veut voir monter dans l’avion, mais qui pourtant, risque fort être du voyage, c’est Covid-19, goût curry. Actuellement, le virus, fait tout ce qu’il peut pour réaliser les minimas olympiques. Et il en est capable.

 Le monde, olympique ou pas, ne l’avait pas vu venir, ne voulait pas le voir arriver en 2020. Et puis en février-mars, il claque un temps et rempli les urgences occidentales. Bien que moins touchés, en nombre de cas, mais tout autant affolés, les japonais annoncent alors, que les JO de Tokyo sont repoussés d’un été. Le temps d’y voir plus clair, de vacciner, de déconfiner. Et puis un an plus tard, on a déconfiné, on vaccine ; mais y voit-on plus clair ? Le virus continue de claquer des temps. Au Brésil, dans les pays de l’est, et bien sûr en Inde, en Angleterre et ? Dans le Sud-Ouest. Donc bientôt partout ?

Résumons-nous. Le CIO acquiert des vaccins chez son parrain chinois mais on s’aperçoit qu’il protège en gros une fois sur deux. Dans un continent comme l’Amérique du Sud, pour diverses raisons, l’épidémie est hors de contrôle. L’Argentine est débordée, Bolsonaro au Brésil croit toujours plus à la pensée magique/évangélique qu’aux anti-corps et au Chili la deuxième vague a devancé la seconde dose. C’est ici que notre champion a développé une nouvelle technique appelée « variant brésilien ». Sa particularité résister mieux et plus longtemps aux médecines mais aussi renaître de ses cendres et repartir pour un tour, en piétinant le concept  d’immunité collective. Insuffisant cependant, pour être automatiquement qualifié pour Tokyo 2020/21 car les « olympiqûres » l’endormiraient suffisamment pour passer l’été à huis clos mais en relative sécurité. Ouf ! On y voit donc un peu plus clair.

À ceci près que ce champion pandémique, à chaque parade, oppose une réplique, en se répliquant… à peu près. Cet à peu près qui change tout. « Ce rien qui fait sonner la vie, comme un réveil au coin du lit », chantait Ferré. Et si ce rien, il était indien ? Voilà qui n’enchante pas le CIO. Épidémie incontrôlable par un variant incontrôlé, le virus semble avoir trouvé le geste parfait pour réaliser les minimas, assurer sa place dans l’avion. Et même le vider.

Les japonais, déjà très réservés sur la pertinence de tenir les Jeux coûte que coûte, n’assumeront pas le risque d’importer un Allien dans leurs mégalopoles surpeuplées. Pour l’instant les seigneurs des anneaux, à Lausanne comme à Tokyo, continuent de se montrer confiants. Jusqu’à quand ? Les études en cours sur ce spécimen qui défient les lois de la biologie et de la nature, tant il parait de plus en plus évident qu’il n’a jamais eu de pangolin comme compagnon d’entrainement, apporteront peut-être dans les semaines qui viennent une bonne nouvelle. Les organisateurs sont prêts à reculer jusqu’à la mi- juin la date limite pour maintenir ou improviser autre chose, ou annuler. Dans l’archipel nippon, si l’été est indien, il ne sera tout simplement pas le nôtre.